ARTICLE | Mettre en place une démarche RSE – Les normes référentiels : comment bien les choisirs ?

Mettre en place une démarche RSE

Les normes et référentiels : Comment bien les choisir ?

Identifier les référentiels et standards pertinents est primordial pour valoriser et rendre crédible sa démarche RSE. La pluralité des cadres disponibles aujourd’hui reflète la richesse des outils accessibles pour accompagner les entreprises à chaque niveau de la mise en œuvre de leur stratégie. Cette diversité exprime également la complexité des enjeux que ces sociétés doivent adresser en fonction de leur activité et spécificités.

Qu’est-ce qu’est-ce qu’un cadre de référence ? Une norme ?

Pour bien orienter sa démarche, il est important d’identifier les différences qui existent entre une norme et un référentiel car ils ne seront pas déployés de la même manière. Les référentiels et normes font partie des « soft laws », leur application est volontaire contrairement aux réglementations que l’on qualifie de « Hard laws ». Un référentiel rassemble des recommandations ou lignes directrices présentées par un organisme de normalisation. Il s’agit d’un outil méthodologique pour mettre en œuvre une démarche. Une norme ou un standard est un cadre établi en consensus entre les parties prenantes directement concernées par le sujet ou domaine traité, qui est validé par un organisme de normalisation. En plus des lignes directrices, il comprend des règles d’application.

Choisir des standards et référentiels adaptés à sa stratégie RSE

Pour instaurer une démarche cohérente, il faut bien prendre en compte que les cadres et référentiels répondent à des problématiques ou objectifs différents.
L’entreprise doit d’abord identifier ce qu’elle souhaite communiquer ou déployer afin de choisir et appliquer correctement un cadre.
Les référentiels peuvent se classer en 5 catégories :
1. L’engagement sur le développement durable et la responsabilité sociétale.
2. La mise en œuvre de sa démarche RSE,
3. le reporting pour rendre compte de ses résultats selon les objectifs qu’elle s’est fixés,
4. la notation ou rating pour faire évaluer sa performance extra-financière par des agences de notation,
5. la participation à des indices boursiers et des classements donnés par des labels pour confronter sa performance aux performances de ses pairs,

Ce sera à l’entreprise de choisir le cadre pertinent en fonction de l’approche RSE choisie et des points qu’elle souhaite mettre en valeur.

Quelles caractéristiques prendre en compte dans le choix de son cadre de référence ou standard ?

Des normes et référentiels sectoriels

Utiliser des standards sectoriels va aider l’entreprise à identifier plus facilement les enjeux matériels qui correspondent à son secteur d’activité.
Parmi les standards sectoriels, on trouve le SASB avec une adaptation pour 77 secteurs d’activités ou encore le GRI Sector Program qui propose des normes de reporting spécifiques aux activités ayant les plus forts impacts économiques, environnementaux et sociétaux. Le GRI souhaite développer à moyen terme ses guidelines pour 40 secteurs d’activité.
Ces standards facilitent d’une part la compréhension des informations et résultats publiés, d’autre part la comparabilité entre sociétés du même secteur pour les lecteurs et les analystes ESG.

Des référentiels qui répondent à l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise

L’entreprise doit s’assurer que le choix des référentiels inclut les attentes de toutes ses parties prenantes.

Il est indispensable de repérer parmi l’ensemble de ces référentiels lesquels sont requis ou recommandés par ses principales parties intéressées (investisseurs, clients ou donneurs d’ordre, banques, etc.) pour rester attractif et maintenir des échanges durables avec elles.
Un seul et même standard ou guide ne couvrira pas forcément toutes leurs exigences. Il faudra parfois compléter la première approche par une seconde ou une troisième.

Des référentiels pertinents au regard des enjeux matériels

L’organisation doit également prendre en compte les cadres qui permettent de communiquer les informations pertinentes et synthétiques sur ses enjeux matériels.

Des référentiels robustes, largement reconnus par les pairs

Ils permettent de valoriser et crédibiliser une démarche car ils s’appuient sur une méthodologie mature, un système d’évaluation robuste et une forte notoriété auprès des tiers.

Des référentiels thématiques

Certains référentiels présentés ci-dessus sont spécialisés sur des domaines spécifiques comme le climat et les émissions carbone (CDSB, TCFD, CDP, GHG Protocol, la méthode Bilan Carbone,…), les impacts sur l’eau, l’air ou la forêt (CDP), la biodiversité (TNFD), les achats responsables (Ecovadis), ou encore la relation client (INRC). En fonction de leurs activités et priorités, les organisations vont donc pouvoir grâce à ces initiatives approfondir leur démarche sur des enjeux spécifiques.

Un domaine en constante évolution : l’importance de la veille

La veille sur l’évolution des référentiels est indispensable : les cadres évoluent régulièrement et de nouveaux guides méthodologiques sont publiés pour permettre aux entités qui les emploient d’améliorer leurs compréhension et application. Face à une multiplicité des approches existantes, la tendance est aussi à l’harmonisation, l’homogénéisation des pratiques. De nombreux référentiels tels que le SASB et l’IIRC, ou encore le CDP et CDSB, se rapprochent afin de coordonner leurs efforts pour proposer aux acteurs économiques des outils complémentaires pour les aider à perfectionner leur démarche. Il est donc important pour tout département RSE d’être à l’écoute de toute mise à jour qui pourrait contribuer à affiner son approche.